De l’art et de la nécessité d’en faire le moins possible en entreprise
L’Entreprise : quel vilain mot ! Placé en quatrième de couverture d’un livre, il annonce généralement l’essai bonnet de nuit ou le manuel de management qui fait bailler. On s’attend aux sempiternelles platitudes : la grande entreprise comme lieu de réalisation de soi, comme terrain de jeu d’une compétition stimulante (et mondiale, forcément), comme moteur de défis haletants. Mais tous ces poncifs ont vécu, et Le Travail sans peine est là pour dire enfin la vérité.
Et la vérité, la voici : la grande entreprise, personne n’y croît plus. Les licenciements des années 1990, les scandales Vivendi, Enron ou Executive Life, les révélations sur les salaires pharamineux des grands patrons y sont pour beaucoup. Les sondages le montrent : la foi nous a quittés, nous autres naguère chevaliers combattants de l’ordre de la firme. À présent les cadres moyens, simples boulons dans une machine jargonnant une langue de bois ridicule, n’attendent qu’une chose : la paie à la fin du mois. L’entreprise, prise entre l’enclume de la lourdeur et le marteau du cynisme, est mal partie...
Mais alors, mais alors... Que pouvons-nous faire ? Rien surtout ! affirme ce livre, qui est avant tout un livre d’humour. Rien ! Contentons-nous de faire mollement semblant de travailler, si possible à temps partiel, et consacrons l’essentiel de nos talents à l’essentiel - c’est-à-dire aux activités (rémunérées ou pas) ayant un sens pour chacun d’entre nous. Le Travail sans peine administrerait-il une salutaire leçon d’individualisme ? Oui, mais pas seulement. Imaginons que chacun d’entre nous, demain, se mette délibérément à faire le parasite de la grande structure dans laquelle il s’incruste... Que se passerait-il ? Et si on essayait ?
Ce livre est un ephlet (essai-pamphlet) spécial sinistrose.