Marâtre : n.f. (latin tardif : matrasta, de mater : mère) Femme du père, par rapport aux enfants qu’il a eus d’un premier mariage. « Si rien au monde ne vaut une mère, rien n’est pire qu’une marâtre. » (Gautier)
Les marâtres se rebiffent. Plus de deux millions en France, elles sont caricaturées, humiliées, détestées. Les belles-mères en ont assez de cette guerre d’usure qui les oppose à leurs belles-filles. Une guerre où elles sont toujours perdantes. Et ce n’est pas faute d’avoir tout essayé pour faire de leur foyer le havre de paix, le nid d’amour qu’elles imaginaient en s’installant avec leur compagnon. Car l’homme qu’elles aiment leur apporte en cadeau des enfants qui ne les accepteront jamais, surtout si ce sont des filles. Fondé sur de nombreux témoignages, ce pamphlet drôle et revigorant s’adresse à tous les acteurs de la famille recomposée. Rassurez-vous, l’auteur est aussi marâtre, pourtant ça ne se voit pas, elle n’a pas d’ongles crochus ni de poils au menton.
"Je m’adresse à vous, hommes et femmes lancés dans la folle aventure de la famille recomposée, à vous qui vous apprêtez aveuglément à franchir le pas, et aussi à vous, célibataires et couples, avec ou sans enfants, parceque vous ne vous en doutez pas, mais ce sujet vous concernera vraisemblablement un jour. Désormais banale, la complexité de la vie dans une famille recomposée est totalement passée sous silence, alors qu’elle s’avère si souvent ingrate, inconfortable, douloureuse pour les belles-mères. J’ai choisi d’épouser leur cause, de me faire le porte-parole de toutes ces marâtres par amour, dont la voix n’est jamais entendue. Belles-mères de tous bords, de tout âge, de tous horizons, débutantes ou aguerries, qui en ont bavé, qui en bavent encore, emprisonnées dans une impasse psychologique où, pour survivre, la seule solution est la remise en question permanente d’elles-mêmes."