Cinquante ans après les évènements de Budapest, le nom de Jean-Pierre Pedrazzini reste très important pour les Hongrois, les Français et l’ensemble de la communauté journalistique. La mémoire de ce reporter photographe, mort à 29 ans des blessures reçues pendant la tragique insurrection, est célébrée chaque année, le 30 octobre sur la Place de la République à l’endroit où il a été mortellement touché.
Photographe prodige de Paris-Match, Jean-Pierre Pedrazzini mena de nombreuses missions dans le monde. Avec Dominique Lapierre, il arracha notamment l’autorisation de parcourir l’Union soviétique de Khrouchtchev en voiture. Un fantastique raid automobile raconté par les deux hommes dans un best-seller publié en 1957 sous le titre : Russie portes ouvertes. Un ouvrage posthume pour Pedrazzini. En effet, le photographe a à peine le temps de développer ses photos qu’éclate l’insurrection hongroise. Il repart. Et tombe sous les balles d’un soldat de l’armée Rouge. Rapatrié à Paris par avion sanitaire, il succombera à ses blessures le 7 novembre 1956. Cette fin tragique est aussi celle d’une incommensurable passion. Marié depuis moins d’un an, Jean-Pierre Pedrazzini vivait un amour fou avec sa jeune et sublime femme, Annie. Une relation d’une intensité incandescente qui s’exprimait en particulier à travers les échanges épistolaires des deux amants, souvent séparés à cause des activités professionnelles de Jean-Pierre.
Cinquante ans après cette déchirure, Marine Falk-Leplat, fille d’Annie Pedrazzini, a décidé de faire revivre l’Histoire et la passion à travers la beauté des mots échangés entre 1955 et 1956 par les deux amants. Un témoignage unique et bouleversant sur deux héros du temps présent.