Lecteur et interprète de Kant en Allemagne entre les deux guerres, il soutient que les tragédies du xxe siècle ont leurs racines dans une crise de la connaissance.Ainsi que l’ont montré Socrate dans l’Antiquité et Kant pour la modernité, l’humanité a constamment le choix entre deux voies. Dépasser ses limites en se prenant pour Dieu. Ce qui conduit à se donner tous les droits en faisant sa loi au lieu de respecter la loi. Ou bien vivre à l’intérieur de ses limites en entreprenant de vivre humainement.
Ce qui conduit à faire jaillir le Droit, en respectant la loi au lieu de faire sa loi.
Au XXe siècle, le fascisme a opté pour la première voie.
Il a choisi de mythifier l’homme et d’en faire un dieu à travers la glorification du héros, de la race et de l’état.Si l’on veut pouvoir ne pas rééditer la tragédie que cette mythification a engendrée, il faut revenir à un rapport humain et non mythique à l’homme.Il faut se demander ce que l’homme peut vivre légitimement au lieu de chercher à faire de l’homme un dieu.
Lire et relire Cassirer, c’est apercevoir combien celui-ci a été audacieux et clairvoyant en ayant la sagesse de poser la question de la raison et du droit, là où d’autres se sont laissés abuser et aveugler en aspirant à dépasser la condition humaine.