Éditions Michalon
ouverture et effervescence du débat
128 pages
11 €
ISBN :
2-84186-216-X
en librairie le 15 janvier 2004

« J’étouffe. J’ouvre une fenêtre mais l’air reste dehors. Je fais aller et venir ses battants, d’avant en arrière, pour l’attirer à l’intérieur. La chaleur poisse en dedans comme au-delà, par brassées. De la sécheresse et rien que de la sécheresse. J’ôte mon pull à grosses mailles. Mais c’est pire. L’air chaud vient se coller directement sur ma peau. J’y mets de l’eau froide, à même le robinet, les coudes enfoncés dans la cuvette. L’eau s’évapore immédiatement. Celle qui sort de mes pores la fait fuir. Je n’ai pas le choix. J’ôte ma peau. Le plus dur c’est de se lancer. Après ça va tout seul. Exactement comme quand on pêle une orange. »

La narratrice se défait de sa peau. Elle ne peut plus l’habiter. Ainsi débute cette tragédie du quotidien dans un univers névrotique dans lequel on découvre d’abord que ses propres fantômes ont la peau dure. J’air ne se raconte pas, ne se résume pas. C’est une allégorie.

Ce roman dérangeant et envoûtant prend le lecteur en otage pour le mener là où la folie l’emporte sur la réalité. Ecrit à la lame de rasoir, J’air marque la naissance d’un écrivain.


Sandrine Rotil-Tiefenbach

Née en 1971, Sandrine Rotil-Tiefenbach est l’auteur d’un premier roman, Sarah K. 447 (Editions Que, 2003).

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