Cinéaste des origines - du cinéma et d’une nation - Ford raconte comment naissent et meurent les cités humaines, comment les hommes trouvent leurs formes, et comment ils les perdent aussi, quand ils se croient civilisés, mais sont encore fascinés par la barbarie.
Jean Collet découvre la manière dont un grand cinéaste a pu traiter la violence, comment il la regarde, comment il s’en détourne ou nous la fait voir. Et puisque la violence - qu’on le veuille ou non - appelle la loi, Ford l’introduit dans ses films, la met en jeu dans ses images. Sous le signe d’Eros ou de Thanatos, la violence, sacralisée ou banalisée, nous fascine parce qu’elle nous confère la toute-puissance des dieux. Il serait bon aujourd’hui, urgent peut-être, de redéfinir l’art comme une réponse possible à la violence, mais répondre, ce n’est pas opposer, ni refouler. De tout temps, l’art intègre la violence, il ne la refuse pas.
Ce livre s’adresse aussi bien au lecteur connaissant déjà les œuvres de John Ford qu’à celui qui ne les a pas encore vues.