Essai sur la résistance au langage totalitaire
Les langues totalitaires exercent sur l’esprit et la sensibilité des hommes une influence à laquelle il est difficile d’échapper. Songeons à langue du IIIè Reich, à la langue de bois communiste ou au fameux newspeak imaginé par George Orwell : une langue contient et impose une certaine vision du monde que chacun reprend à son compte en la parlant. Pourtant, jamais cette emprise ne peut être totale. Il est en effet possible de s’y soustraire en retrouvant les conditions d’un libre exercice de la parole. L’individu, dans sa confrontation avec la réalité, surmonte alors l’intimidation, se remet à choisir ses mots en puisant dans les ressources de la langue héritée. Bref, il recommence à penser librement et à donner forme à sa propre expèrience.
Cet essai décrit et analyse cette situation d’emprise et de résistance à la langue totalitaire à travers l’étude de plusieurs grands penseurs-témoins du XXè siècle : George Orwell, Dolf Sternberger, Victor Klemperer et Aleksander Wat. A partir de ces diverses expériences, et tout en méditant sur leurs prolongements actuels, Jacques Dewitte jette les bases d’une réflexion philosophique renouvelée sur la nature du langage.