« Messieurs les censeurs bonsoir ! » : Le 13 décembre 1971, les Français assistent ébahis devant leur petit écran au premier coup de gueule en direct de l’histoire télévisuelle. L’individu qui vient de créer le scandale en quittant le plateau de l’émission « A Armes égales », invitant au passage le peuple français « au soulèvement de la vie contre ces espèces de morts que sont la censure et autres fascismes », c’est Maurice Clavel.
Vingt-cinq ans plus tard, qui se souvient de ce prophète de la contestation, de ce polémiste de talent, de ce philosophe essentiel ? Tandis que notre pays célèbre avec faste le centenaire de Sartre, l’écrivain « lamartinien » Gérard Calmettes a choisi de (re)donner vie à Maurice Clavel, intellectuel hors du commun qui accompagna et surpassa parfois le « maître-penseur » du printemps de mai 68, du maoïsme littéraire et de Libé. Empruntant le parcours sinueux de l’homme Clavel, de l’extrême droite à la Résistance, du gaullisme au maoïsme, du kantisme obsessionnel au christianisme quasi-mystique, l’auteur nous ouvre les portes de la pensée volcanique, rebelle -et fichtrement moderne !- de cet immense agitateur d’idées. À l’heure du grand désenchantement, il nous semble en effet salutaire de (re)découvrir « Clavie » pour puiser à la source vive de son œuvre une quintessence utile à la révolution des idées pour la libération de l’homme par l’homme.