Éditions Michalon
ouverture et effervescence du débat
288 pages
18 €
ISBN :
978-2-84186-516-1
en librairie le 28 janvier 2010

Un besoin de certitudes

Anatomie des crises actuelles

Crise financière, économique, écologique, de l’Europe, des banlieues, des Universités, du parti socialiste, ou encore d’une certaine façon du sarkozysme ... Ces crises donnent lieu à des spéculations qui ne sont pas systématiquement marquées du sceau du sang-froid. Faisons la chasse aux approximations afin d’y voir plus clair. Plus qu’à l’ordinaire, les périodes de crise sont propices aux interprétations hâtives. Des consensus mal assurés évitent de poser des questions contrariantes. Plus l’enjeu paraît important, moins la détermination, des causes est facilitée.

Le libéralisme intellectuel préconise la libre confrontation des points de vue. Introduire le doute peut aiguiser le sens de l’orientation. Les crises ne résultent pas de forces malignes étrangères aux habitudes des sociétés, mais reflètent l’évolution générale des idées et les contradictions du progrès. Le progrès n’est pas un processus linéaire, continue et exigible comme un droit. Il reste compliqué, conflictuel et imprévisible.

Tocqueville et Aron avaient répertorié un phénomène de compensation conformiste qui joue à plein dans ces périodes. Quand le vent tourne, les intellectuels avides d’être vus dans le bon camp sont prêts à se jeter à corps perdu dans l’excès inverse. La crise désoriente. Elle crée un besoin de certitudes qui pousse à s’agglutiner autour de bulles idéologiques.


Marc CRAPEZ

Marc CRAPEZ, historien des idées et politologue français, est chercheur en science politique associé à Sophiapol (Paris - X) et responsable de la chronique livres de la revue de la Fondation pour l’innovation politique.

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Extrait de ce livre :

"La crise est dans l’homme, énonçait sentencieusement un essayiste de jadis. Disons qu’elle est surtout naturelle. L’effet grossissant de l’actualité porte à imaginer des temps troublés. A chaque époque, les classes moyennes ont le sentiment de subir des atteintes à leur niveau de vie. Le thème de la vie chère est un lieu commun récurrent. On appelle cela un effet de paupérisation relative. En réalité, depuis deux siècles, le capitalisme enrichit tout le monde. Mais la courbe des attentes augmentant plus vite que celle des revenus, le chien se mord la queue en permanence. L’essence de l’économique réside dans la rareté, problème par définition insoluble. La démocratie renrichit sur cette insatisfaction. C’est un régime conscient de son inachèvement qui ne demande pas mieux que d’essayer de s’améliorer."

- 34, rue de lancry - 75010 Paris
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